Bilkiss Chopra

Duhdi

samedi, 21 juillet 2018 00:00

Duhdi

Connaissez-vous le duhdi ? 

 

Chez nous, on en fait un dessert, ou plutôt une boisson délicieuse et très rafraîchissante par ces temps de chaleur.

 

Le duhdi est un légume qui ressemble à un concombre et dont la texture fait penser à une courge. Il me semble qu’on l’appelle, parfois calebasse ou gourde mais je ne suis pas sûre. 

Ici, on le trouve souvent dans les épiceries indiennes et asiatiques. Le duhdi est réputé avoir des vertus ayurvédiques contre les infections urinaires, la constipation, la fatigue… Il aiderait même à perdre du poids mais cela n’a pas été vérifié.

 

A Madagascar, le duhdi figurait souvent parmi les cadeaux de fin d’année que mon père recevait de la part de ses clients.

Là-bas, la chaleur atteint son point culminant à cette période.

Nous étions encore des enfants lorsque ma mère a eu un jour l’idée de transformer ce légume très désaltérant en boisson.

Nous avions un petit moulin manuel et les morceaux de duhdi se transformaient en vermicelle. On ne trouve plus ce genre de moulins sur le marché mais on peut se servir d’une râpe.

La recette a ensuite été adoptée par de nombreuses amies de ma mère qui la déclinaient soit en boisson, soit en dessert. 

Chutney de dattes et tomates

samedi, 30 juin 2018 00:00

Chutney de dattes et tomates

A Madagascar, quand nous étions enfants, il n’y avait pas de dattes. Ceux qui partaient en voyage au Proche ou Moyen-Orient ou au Maghreb nous en ramenaient.

Quelques commerçants en importaient mais cela ressemblait plus à de grosses mottes. Nous les savourions pourtant avec délice car c’était, pour nous à l’époque, aussi précieux que du caviar. 

Ici, en France, nous avons la chance d’avoir toutes sortes de dattes, de Californie, du Maghreb, d’Iran, des dattes Medjlloul du Maroc, des dattes en vrac, en branches ou présentées dans de jolis coffrets… C’est un plaisir.

Il me restait justement quelques dattes d’Iran, alors j’ai voulu tester une recette de chutney que j’avais lue dans un magazine indien. Je ne me rappelai plus avec exactitude des ingrédients alors j’ai laissé mon imagination libre et le résultat a été plutôt savoureux. Il faut dire que j’adore les chutney ou achards sucrés comme on les appelle chez nous. Il y a une recette avec des tomates, que ma mère réalisait autrefois et qui était un pur régal. Malheureusement, à l’époque, je n’ai pas eu l’idée de lui demander sa recette. Je le regrette beaucoup aujourd’hui. C’est un peu ce qui m’a donné l’idée de ce blog.

En attendant, je vous livre cette recette de chutney de dattes et tomates qui a été très appréciée. Pour les épices, vous pouvez fort bien en utiliser d’autres si vous voulez. Laissez libre-cours à votre créativité. Chacun est maître à ses fourneaux…

Couscouma

dimanche, 13 mai 2018 00:00

Couscouma 

(Galettes feuilletées comoriennes)

Avec le Ramadan qui approche à grands pas, nous sommes tous à la recherche de bonnes recettes pour tenir tout le mois.

Personnellement, je peux me passer de beaucoup de choses mais j’apprécie par-dessus tout les rotlis et autres galettes pour la rupture du jeûne. 

La recette que je vous propose aujourd’hui est d’origine comorienne. J’en ai entendu parler il y a quelques temps et j’ai trouvé que cela ressemblait beaucoup aux parathas indiens.

Les couscouma sont cependant plus légers et faciles à réaliser. 

La génération de ma mère, et même la mienne, ne connaissait pas les parathas. On ne préparait que des rotlis. Les parathas sont plus une spécialité du Punjab, il me semble. Mais, les gens voyageant de plus en plus, ils font découvrir leur cuisine les uns aux autres. 

J’aime beaucoup les parathas et tous les pains qui ont des feuilletages mais la préparation me paraissait longue et fastidieuse, surtout le feuilletage.

Peu de femmes chez nous les réussissaient, ce qui fait qu’ils n’ont jamais trouvé leur place dans nos menus. 

Essayez cette recette, vous me donnerez ensuite votre avis. En attendant, bon ramadan à toutes et à tous.

Gratin d’aubergines

samedi, 21 avril 2018 00:00

Gratin d'aubergines à l'indienne

Les aubergines ne sont pas du goût de tout le monde, surtout des enfants. Pourtant, elles ont beaucoup de bienfaits pour la santé.

Selon l’art de les préparer, des recettes variées, fantaisistes, ils finissent par s’en accommoder et prennent même plaisir à les déguster. Evidemment la ratatouille ou le curry d’aubergines et pommes de terre, même les grandes personnes commencent à s’en lasser. Mais il y a plusieurs autres façons de les cuisiner : en papillotes, en gratin, en beignets, farcies, en caviar, etc. Il suffit de faire parler son imagination.

Les recettes élaborées, fantaisistes, n’existaient pas autrefois. On connaissait juste la ratatouille, le caviar et le curry classique. Pas étonnant qu’on fasse la fine bouche et qu’on finisse par détester ce produit. Mais aujourd’hui il existe tant de produits (crème fraîche, fromage, épices…) que les aubergines ont trouvé leur place de choix.

Ma mère avait un don pour les accommoder de façon variée, en suivant son instinct. Elle pouvait préparer des tempuras s en quelques minutes en jouant avec les ingrédients du placard et on se léchait tous les babines. Elle préparait aussi des aubergines farcies à la viande. A peine posé sur la table, le plat se vidait en un clin d’œil.
aujourd’hui, je vous propose une recette de gratin à base d’aubergine qui a beaucoup de succès auprès des enfants. Mes neveux qui refusaient de toucher à tout ce qui ressemblait à une aubergine, ont plébiscité le plat. C’est une bonne manière de leur faire manger des légumes variés.

Si voulez faire une belle présentation, vous pouvez monter ce gratin en pièce montée en vous aidant d'un cercle ou d'un moule amovible.

Kheema ni kitchri

samedi, 17 mars 2018 00:00

Kheema ni kitchri

(Riz aux légumes et à la viande hachée)

Le Kitchri est aux Gujarates ce que la baguette est aux Français, un plat quotidien.

Il y a plusieurs façons de le préparer. Je vous avais présenté la version à l’ail vert  il y a quelques temps. 

Aujourd’hui, je vais vous donner la recette du Kheema ni kitchri, un plat plus élaboré, qu’on prépare pour des repas familiaux ou des invitations. Il est toujours très apprécié lors des repas de la communauté.

Je me souviens qu’à une époque, chez nos parents, tous les dimanches, notre cuisinier nous préparait du kitchri sur un feu de charbon ou de bois, suant à grosses gouttes en période de chaleur. 

Ma mère et lui préparaient cette marmite avec le plus grand soin et la main large sur le beurre et les denrées nécessaires.

Mais cette marmite ne nous était pas destinée. Elle était pour un proche et sa femme qui partaient en pique-nique sur la plage. Il fallait que tout soit prêt pour 11h tapantes.

La femme, qui était une riche héritière, était reçue avec tous les égards. Elle faisait mettre la marmite encore chaude dans la voiture et partait aussitôt, sans un merci ni un pourboire pour le cuisinier.

Avec les années, les souvenirs de notre enfance et le temps du « transit » chez les parents ne s’estompent pas. On se rappelle toujours de chaque détail et le kitchri a fait remonter à la surface cette période de ma vie.

Bref, voici la recette du kheema ni kitchri. La préparation peut paraître longue mais c’est un plat facile à réaliser.

Curry de pois du Cap

dimanche, 25 février 2018 00:00

Curry de pois du Cap 

(Kabarou nou saag)

On l’appelle pois du Cap ou gros pois. Nous, nous le connaissons surtout sous le nom de « kabarou ».

Les Orientaux et même les occidentaux connaissent ce légume sec qu’on appelle aussi fève blanche. Autrefois, les gens de la génération de ma mère l’appelaient « gourpois » au lieu de gros pois. 

Le curry est l’une de ses principales utilisations. Il y a une variété ressemblante, appelée « Kabarou vert » (je pense qu’il doit s’agir de la fève en fait)  qui est un plat sans sauce, mais il faut savoir le préparer.

A Madagascar, dans certains foyers, le kabarou est quotidien, au même titre que les lentilles à la Réunion. Une famille que je connaissais avait pour tradition de le servir tous les vendredis avec une viande grillée et du riz.

Ce curry peut être bu à la cuillère. Certains se servent directement dans le plat de service, d’autres le prennent à part dans une petite coupelle. Invitée chez des amis, voyant leurs visages extasiés devant le bol du kabarou et ensuite leur satisfaction à en boire cuillère après cuillère, j’ai voulu faire comme eux. J’avoue que c’était très bon mais, ensuite, les remontées acides durant toute la soirée m’en ont dissuadée à tout jamais.


Dans ma famille, le kabarou était très apprécié mais on n’en faisait pas aussi souvent que dans les autres familles indiennes.

Je pense que vous devez avoir hâte de connaître la recette de ce succulent plat traditionnel, alors trève de discours, voici les ingrédients.

Raab

samedi, 03 février 2018 00:00

Raab

Les Indiens connaissent cette boisson sous le nom de raab mais elle est peu connue autrement. On pourrait l’appeler « boisson d’hiver » car elle a non seulement des vertus réchauffantes et reconstituantes mais elle est aussi souveraine pour soulager une toux persistante. 

 

Chez nous, le raab est une boisson souvent liée à la maternité.

 

Très nourrissante, elle est réputée favoriser la montée du lait pour les femmes qui viennent d’accoucher. De mère en fille, jusqu’à notre génération, nous en prenions avant chaque allaitement. 

 

Personnellement, j’adorais cela et j’attendais avec impatience que ma mère vienne m’apporter un thermos de raab.

En ce temps-là, on ne faisait pas trop attention aux calories. L’essentiel était d’avoir du bon lait et de pouvoir allaiter le plus longtemps possible.

 

Les jeunes d’aujourd’hui font très attention à tout cela. Et puis, ce ne sont plus les accouchements d’autrefois où il fallait rester au lit 40 jours, avec une nourriture essentiellement à base de beurre et d’ingrédients aussi caloriques les uns que les autres !  Mais si vous n’en profitez pas à ce moment-là quand le ferez-vous ?

 

Après mes accouchements, ma mère me préparait un copieux petit-déjeuner à base d’omelette, de pain frit au beurre, etc. Vers 10h, elle m’apportait un bon bol de raab ou de bouillon de poulet. Parfois, c’était du lait chaud avec des amandes et de la gomme arabique (goon).

 

A midi, un déjeuner forcément accompagné de rotlis, rotlas ou riz préparé avec du beurre. Au goûter, une petite portion de raab à nouveau et pour le dîner du kichri ou du pain beurré et grillé. Le reste de la journée, j’avais toujours à portée de main du south, que je pouvais déguster à loisir. 


Cette époque est révolue mais le raab garde ses vertus, surtout en ces temps où le froid et la grippe sévissent à tout bout de champ.

 

 

Moong Dhal Badjas

samedi, 13 janvier 2018 00:00

Moong Dhal Badjas

Dans certains pays, ils sont appelés « Badjas », dans d’autres « fallafels » ou « bonbons piments ». Il y a de nombreuses variations de ces beignets à base de légumes secs. Je vous avais déjà donné la recette des beignets à la farine de pois chiches. Les Bonbons piments peuvent être confectionnés avec des centaines de graines. Les pois du Cap, par exemple. On peut aussi faire des mélanges.

La recette que je vous livre aujourd’hui est faite avec des graines appelées « moong dhal » avec ou sans peau (ceux avec la peau font de meilleurs badjas). On peut les mélanger avec des « urad dhal ».  Ces dernières ont la réputation d’être très nourrissantes.

J’adore les badjas au moong dhal. C’est un peu long à préparer mais c’est délicieux. Petite, j’avais l’habitude d’en cacher dans des endroits souvent improbables de la maison pour les déguster tranquillement ensuite en lisant un bon roman dans un endroit secret du balcon.  Ma mère ne se rendait compte de rien ou, peut-être, le prétendait-elle.

Quand j’étais enceinte, elle me ramenait un paquet de badjas tout chauds qu’elle achetait dans un salon de thé.  J’engloutissais tout le paquet sans même penser à en offrir aux autres ! Les amies de maman connaissaient aussi ma passion. L’une d’elles m’en envoyait chaque mercredi (il paraît que faire de la friture les mercredi apporte la paix dans la maison). 

Poulet farci à l’indienne

vendredi, 22 décembre 2017 00:00

Poulet farci à l’indienne

Que serait Noël sans une bonne volaille? Chez certains, ce sera le chapon ou la dinde. Quelle sera la sauce qui les accompagnera ? Il existe tant de recettes…

Voici une recette de poulet farci qui pourrait avoir sa place à vos tables de fêtes.

Ce poulet farci à la viande était une des spécialités de Michel, le cuisinier de mes parents. A tel point que mes enfants ne le connaissent que comme le «poulet Michel». 

A l’époque, je le dis souvent, il n’existait pas de four ni de grandes plaques de four. Il faisait donc cuire le poulet dans une grande marmite posée sur un réchaud au charbon de bois. Nous avions une grande marmite qui pouvait contenir 3 poulets à la fois. 

 

 

 

 

En période de fin d’année, nous recevions beaucoup de cadeaux en tous genres de la part des clients de mon père. A Madagascar, le commerce de textile de mon père était l’un des seuls à faire crédit. 

Les clients pouvaient donc emmener leur marchandises en faisant noter leur dû sur un petit carnet. Mon père avait des dizaines de petits carnets de ce genre sur son bureau.  En remerciement, nous recevions beaucoup de cadeaux en nature de leur part, poulets, ananas, bananes plantain, letchis… parfois même des œufs. En échange, mon père leur donnait un grand verre avec un mouchoir dedans, des coupons de tissu et une enveloppe pour les enfants.

Certaines années, il nous est arrivé de recevoir une centaine de poulets. Cela faisait la joie des voisins qui, chaque matin, venaient en quemander. Nous avions installé un grand poulailler dans la cour.


Pour la famille aussi, c’était la grande distribution des poulets rôtis farcies à la viande hachée que notre cuisinier faisait cuire trois par trois, en suant à grosses gouttes par ces temps de chaleur. Ma tante en recevait trois, un pour elle, un pour la famille de sa fille et un dernier pour son mari dont elle était séparée et qui vivait avec sa nouvelle épouse. La seconde fournée était pour nous. Nous en gardions deux pour nous (nous étions dix à la maison) et le troisième partait chez mon autre tante, Zakya. Mes parents avaient un cœur très large, généreux à l’excès, et une main toujours ouverte qui laissait filer les sous !

Lorsque Michel a pris sa retraite, ma mère a essayé de préparer son poulet, mais elle n’a jamais réussi à reproduire totalement la recette. Une fois mariée, j’ai aussi essayé, mais ce n’était pas pareil. C’est pourtant délicieux, nous nous régalons à chaque fois, mais ce n’est pas totalement le poulet « Michel ». 

Pain perdu et sa crème de lait

dimanche, 17 décembre 2017 00:00

Pain perdu et sa crème de lait

L’année se termine tant bien que mal et c’est le cœur plein d’allégresse que nous nous apprêtons bientôt à fêter Noël. 

Quel que soit notre état d’âme, triste ou joyeux. La nativité a le pouvoir d’apaiser toutes les douleurs. C’est une renaissance : toute la famille se réunit autour d’une grande tablée, depuis le patriarche jusqu’au dernier membre de l’arbre généalogique.

En cette nuit où tous les cœurs battent à l’unisson, quelle que soit leur race ou religion, nous prions pour que l’année 2018 qui pointe son nez nous apporte la paix, qu’il y ait moins de souffrances et que les uns et les autres se rapprochent. Après tout, nous sommes tous frères et sœurs. Chantons tous ensemble l’avènement et prions pour un avenir meilleur.

 

Dans la tradition française, nous devons avoir 13 desserts pour que l’abondance nous sourie. Nous avons le choix, il en existe tellement dans les livres et depuis que nous avons Facebook ! Mais à notre époque, il n’y avait ni télé ni Internet et il n’y avait pas autant de fans de cuisine. On se contentait de se transmettre quelques recettes classiques de mère en fille. Puis, petit à petit, après avoir appris à lire et à écrire, notre savoir culinaire s’est aussi développé. 

Aujourd’hui, je vous livre une recette de pain perdu enrichi qui pourra figurer à votre table de Noël ou du nouvel an. Elle est à la fois simple, riche et festive. A l’origine, ma mère a mis au point cette recette parce qu’il restait toujours du pain rassis chez nous. Elle l’a perfectionnée au fur et à mesure. Depuis, ce plat est devenu un classique que l’on prépare notamment pour les grandes réceptions. Je l’avais ainsi réalisé pour le mariage de ma nièce. Je le refais souvent à l’occasion des fêtes de fin d’année. 

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