Bilkiss Chopra

Poulet farci à l’indienne

vendredi, 22 décembre 2017 00:00

Poulet farci à l’indienne

Que serait Noël sans une bonne volaille? Chez certains, ce sera le chapon ou la dinde. Quelle sera la sauce qui les accompagnera ? Il existe tant de recettes…

Voici une recette de poulet farci qui pourrait avoir sa place à vos tables de fêtes.

Ce poulet farci à la viande était une des spécialités de Michel, le cuisinier de mes parents. A tel point que mes enfants ne le connaissent que comme le «poulet Michel». 

A l’époque, je le dis souvent, il n’existait pas de four ni de grandes plaques de four. Il faisait donc cuire le poulet dans une grande marmite posée sur un réchaud au charbon de bois. Nous avions une grande marmite qui pouvait contenir 3 poulets à la fois. 

 

 

 

 

En période de fin d’année, nous recevions beaucoup de cadeaux en tous genres de la part des clients de mon père. A Madagascar, le commerce de textile de mon père était l’un des seuls à faire crédit. 

Les clients pouvaient donc emmener leur marchandises en faisant noter leur dû sur un petit carnet. Mon père avait des dizaines de petits carnets de ce genre sur son bureau.  En remerciement, nous recevions beaucoup de cadeaux en nature de leur part, poulets, ananas, bananes plantain, letchis… parfois même des œufs. En échange, mon père leur donnait un grand verre avec un mouchoir dedans, des coupons de tissu et une enveloppe pour les enfants.

Certaines années, il nous est arrivé de recevoir une centaine de poulets. Cela faisait la joie des voisins qui, chaque matin, venaient en quemander. Nous avions installé un grand poulailler dans la cour.


Pour la famille aussi, c’était la grande distribution des poulets rôtis farcies à la viande hachée que notre cuisinier faisait cuire trois par trois, en suant à grosses gouttes par ces temps de chaleur. Ma tante en recevait trois, un pour elle, un pour la famille de sa fille et un dernier pour son mari dont elle était séparée et qui vivait avec sa nouvelle épouse. La seconde fournée était pour nous. Nous en gardions deux pour nous (nous étions dix à la maison) et le troisième partait chez mon autre tante, Zakya. Mes parents avaient un cœur très large, généreux à l’excès, et une main toujours ouverte qui laissait filer les sous !

Lorsque Michel a pris sa retraite, ma mère a essayé de préparer son poulet, mais elle n’a jamais réussi à reproduire totalement la recette. Une fois mariée, j’ai aussi essayé, mais ce n’était pas pareil. C’est pourtant délicieux, nous nous régalons à chaque fois, mais ce n’est pas totalement le poulet « Michel ». 

Pain perdu et sa crème de lait

dimanche, 17 décembre 2017 00:00

Pain perdu et sa crème de lait

L’année se termine tant bien que mal et c’est le cœur plein d’allégresse que nous nous apprêtons bientôt à fêter Noël. 

Quel que soit notre état d’âme, triste ou joyeux. La nativité a le pouvoir d’apaiser toutes les douleurs. C’est une renaissance : toute la famille se réunit autour d’une grande tablée, depuis le patriarche jusqu’au dernier membre de l’arbre généalogique.

En cette nuit où tous les cœurs battent à l’unisson, quelle que soit leur race ou religion, nous prions pour que l’année 2018 qui pointe son nez nous apporte la paix, qu’il y ait moins de souffrances et que les uns et les autres se rapprochent. Après tout, nous sommes tous frères et sœurs. Chantons tous ensemble l’avènement et prions pour un avenir meilleur.

 

Dans la tradition française, nous devons avoir 13 desserts pour que l’abondance nous sourie. Nous avons le choix, il en existe tellement dans les livres et depuis que nous avons Facebook ! Mais à notre époque, il n’y avait ni télé ni Internet et il n’y avait pas autant de fans de cuisine. On se contentait de se transmettre quelques recettes classiques de mère en fille. Puis, petit à petit, après avoir appris à lire et à écrire, notre savoir culinaire s’est aussi développé. 

Aujourd’hui, je vous livre une recette de pain perdu enrichi qui pourra figurer à votre table de Noël ou du nouvel an. Elle est à la fois simple, riche et festive. A l’origine, ma mère a mis au point cette recette parce qu’il restait toujours du pain rassis chez nous. Elle l’a perfectionnée au fur et à mesure. Depuis, ce plat est devenu un classique que l’on prépare notamment pour les grandes réceptions. Je l’avais ainsi réalisé pour le mariage de ma nièce. Je le refais souvent à l’occasion des fêtes de fin d’année. 

Laasan ni kichri

samedi, 25 novembre 2017 00:00

Laasan ni kichri

(riz à à l’ail vert)

Le kichri, chez nous, c’est comme les chapattis ou la baguette, un mets que nous consommons quotidiennement. C’est un plat presque aussi vieux que Mathusalem.

Le kichri, c'est pas  2/3 de riz et 1/3 de mung dhal mélangés et cuits comme un riz nature auquel on  peut ajouter toutes sortes de garnitures qui le réhaussent.

Pour cette fois-ci je vous propose la version avec l’ail vert, que l’on trouve souvent dans les épiceries asiatiques.

Dans ma ville natale, Tamatave, personne, même ma mère ne connaissait l’ail vert. C’est mon mari, originaire de Morondava qui me l’a fait connaître et m’a montré comment le préparer.

Un jour, je l’ai préparé pour le club d’amis auquel appartenait mon père. Ces amis l’apprécièrent beaucoup.  Du coup, je l’ai refait ici, à Paris, pour un repas à l'occasion d'une cérémonie religieuse.

Ce n’est pas un plat que l’on propose habituellement dans ce genre de repas.

Les invités ont été très agréablement surpris. A tel point que, le lendemain, la femme de notre prêtre, qui n’avait pu venir, m’avait appelée pour me demander ce que j’avais bien pu préparer à son mari pour qu’il en parle autant !

Sachez qu’en hiver, consommer de l’ail vert est bénéfique pour la santé et permet d’affronter les grands froids.

A votre tour, essayez de le faire selon les explications ci-dessous et vous me direz dans vos commentaires si vous avez aimé.

Barri

samedi, 11 novembre 2017 00:00

Barri

( flan aux œufs)

Le barri est un flan aux œufs, un dessert que nous connaissons tous, parmi les plus faciles à faire et apprécié des petits comme des grands.

Lorsque je l’ai préparé pour la première fois, je devais avoir 18-20 ans. C’était le mois de ramadan. Ma mère nous avait fait du kheer mais, après avoir partagé entre famille et amis, il n’en restait plus suffisamment pour ses œuvres de charité. Elle était très fatiguée ce jour là et m’a demandé de préparer quelque chose pour compléter. J’ai donc préparé un barri à ma manière.  Ce fut une réussite qui étonna même ma mère. Le succès grandissant, les amies de maman me sollicitaient souvent pour et m‘offraient des cadeaux , ce qui n’était pas pour me déplaire !

A l’époque, on cuisait tout au charbon, sur un sigri (sorte de réchaud/barbecue à la mode malgache), car il n’y avait pas de four. Même les gâteaux. A mon arrivée à Paris, j’ai continué à en faire, au début, sur un sigri que j’avais ramené de Madagascar. Comme les produits ici sont d’une toute autre qualité, avec toutes sortes de crèmes notamment, c’était un délice. Mais quand notre sigri a rendu l’âme j’ai cessé d’en faire.

Après toutes ces années ( 40 ans presque), j’en ai fait dernièrement pour notre nouvel an. Ce n’était pas le même qu’autrefois car la cuisinière et le mode de cuisson ont changé mais c’était plutôt bon. Alors je vous en livre la recette.

Achard de légumes

samedi, 21 octobre 2017 00:00

Achard de légumes

Il y a plusieurs recettes d’achard de légumes. Non seulement chaque région de l’Océan indien possède la sienne mais des familles ont aussi souvent leur propre version.

Quoi qu’il en soit la meilleure, du moins pour moi, était celle que faisait l’épicier de notre enfance, M. Fazaraly. Nulle part je n’en ai retrouvé le goût

Nous étions alors des gosses de 6-8 ans. Chaque jour, Mme Fazaraly emmenait au magasin une grosse cuvette remplie d’achard… qui partait en un clin d’œil.

Une tasse pleine d’achard coûtait alors 5 Francs. Cela peut paraître peu aujourd’hui (moins de 10 centimes) mais, pour nous les gosses, cela représentait une fortune qu’on n’avait pas souvent.

Dès que nous avions une pièce de 5 F en poche, nous, les filles, courions en acheter. Parfois la dame en rajoutait un peu pour nous mais le mari était strict !

 Notre petite bande d’amies allait ensuite savourer avec délice notre part d’achard de 5 F. Que de bons souvenirs.

Les années ont passé. Nous sommes toutes aujourd’hui dans nos 80-85 ans mais nous nous remémorons toujours avec nostalgie de ce bon temps.

Sans doute l’achard a-t-il pris encore plus de goût au fur et à mesure que son souvenir se fondait dans nos mémoires.

Ma mère aussi préparait souvent l’achard de légumes. Il était délicieux mais ne valait pas celui de l’épicier.

Halvo de pain

dimanche, 08 octobre 2017 00:00

Halvo de pain

Le halvo est un incontournable de la cuisine indienne.

Dans toutes les religions, catholiques, protestantes, musulmanes, judaïques, bouddhistes, hindouistes... il y a un jour d’allégresse ou différents plats sont cuisinés et les familles se réunissent autour de grandes tablées pour les déguster. 

Nous avons fêté notre nouvel an le 21 septembre. A cette occasion, la tradition veut que l’on fasse de nombreux plats. Plus il y aura de mets sur le thaal (notre table à manger), plus il y aura de prospérité dans l’année.

Certains en font jusque 53 (plats, fruits compris). Habituellement, chacun apporte un ou deux plats. A Madagascar, nous avions coutume de nous envoyer nos réalisations entre voisins. 

Ce jour-là, les halvas dominent. Autrefois nous connaissions surtout 3 sortes de halvas, à base de pommes de terre, de carottes ou de pain rassis. Aujourd’hui de nouvelles recettes font leur apparition, il y a le halvo de dattes, ou celui de pommes, par exemple. Tout est sujet à halvo… mais je garde une tendresse pour les trois premiers. 

Pour moi, rien ne peut égaler nos anciennes méthodes. Celui fait avec du pain rassis n’a pas son pareil. Certains le font avec une brioche mais je trouve que cela n’a pas la même saveur. La baguette ne convient pas non plus car elle ne contient pas assez de mie. Le pain, pas trop cuit est l’idéal. Gardez-le 2 ou 3 jours avant de vous en servir afin qu’il soit bien sec.

La recette que je vous livre est celle de ma mère. Elle avait un grand succès. Je l’utilise souvent quand je reçois. Elle est très appréciée mais à consommer avec modération.

Essayez-la et donnez-moi votre avis.

Poivrons farcis à l’indienne

samedi, 09 septembre 2017 00:00

Poivrons farcis à l’indienne

Farcir les poivrons, c’est simple, facile. Il y a différentes sortes de farces, on a le choix. Je prépare les poivrons à la manière de notre cuisinier à Madagascar, Michel, mais ce n’est jamais la même chose. La faute, peut-être aux denrées qui ne sont pas les mêmes qu’à Madagascar. Avec les produits chimiques, les fruits et légumes paraissent plus beaux mais la saveur n’est pas du tout comme celle de mon pays ou tout pousse naturellement. Le goût n’est pas affadi au profit de l’apparence.

Et puis, j’avoue, il y avait aussi la main de notre cuisinier. Il n’avait pas de four à sa disposition. A l’époque, ça n’existait pas ou peu. Tout se faisait au charbon, dans une poêle en fonte ou dans une marmite. Mais la cuisine était bien meilleure. Une fois mariée, j’ai pris l’habitude de les préparer dans une cocotte. C’est plus facile et le résultat est, pour une fois, même meilleur que celui de notre cuisinier !

Abricots à la cardamome

dimanche, 06 août 2017 00:00

Abricots à la cardamome

Aujourd’hui, exceptionnellement, ce n’est pas une de mes recettes que je vous propose. J’avais vu cette recette, il y a quelques temps, dans un communiqué du Cedus (syndicat du sucre). Je l’avais trouvée facile à faire et bien adaptée pour l’été lorsque les abricots fleurissent les étals. 

Je me suis dit que je pouvais la partager avec vous. Pas d’anecdote pour cette fois donc, juste une recette un peu réadaptée, dont vous me direz si vous l’appréciez.

Samossas au poulet

samedi, 15 juillet 2017 00:00

Samossas au poulet

On fait maintenant des samossas de toutes sortes, des version salées aussi bien que sucrées.

Les Réunionnais sont experts en la matière. Lors de mon séjour à la Réunion, j’ai eu l’occasion de goûter plusieurs variétés.

C’étaient parmi les meilleurs samossas que j’ai jamais mangés. Aux légumes, au thon, au poisson, au poulet… Il y avait au moins une dizaine de variétés.

A Madagascar, dans mon enfance, on ne connaissait que les samossas à la viande hachée. Mais, maintenant, avec toutes ces histoires  de régime et de «manger sain», les gens préfèrent ceux au poulet.

Un de mes neveux n’aime pas la viande. Il n’en consomme pratiquement pas. Du coup, quand il y a des réceptions familiales, j’en prévois toujours au poulet ou aux légumes pour lui. La première fois que j’ai présenté la version au poulet, eh bien, tout le monde l'a préférée. 

La farce au poulet est simple à préparer et je la trouve meilleure, personnellement que celle à la viande hachée.

Certains préparent ces samossas avec des feuilles de brick, d’autres avec la pâte à samossas qu’on trouve dans les épiceries indiennes et chinoises. Moi, je les fais avec ma propre pâte à samossas, dont je vous ai donné la recette précédemment.

Coco ni Sev

vendredi, 23 juin 2017 00:00

Coco ni sev 

(Vermicelles au lait de coco)

Nous voici arrivés à la fin du ramadan. Les visages sont un peu plus détendus et souriants ! Un peu de nostalgie aussi car c’est un mois bien particulier.

Plus d’Iftar, plus de sihoris… Le coran ne sera plus aussi sollicité. Pour moi le ramadan, c’est une ambiance festive, joyeuse, on voit les amis, on est tous unis dans la même prière.

 

Mais j’avoue qu’à quelques jours de la fin, comme tout le monde, je pense surtout à l’Aid. Certains font des programme de restaurant en groupe, d’autres le passent avec leur famille. L’Aid est un moment que j’apprécie beaucoup. 

 

A Madagascar, la coûtume voulait qu’après la prière du matin à la mosquée, nous allions saluer notre famille en faisant un salaam (un baise-main) accompagné ou non d’une petite enveloppe, à nos aînés, nos proches… Les enfants étaient habillés de neuf pour la circonstance. C’était encore l’époque des costumes marins et des souliers vernis… Ils avaient eux aussi droit à leur petite enveloppe de la part de ceux qui venaient chez nous. Partout on recevait les gens avec du sirkoumo ou une autre petite douceur à la vermicelle

La vie de maintenant a tout chamboulé. Les enfants vont à l’école, les parents ont leur travail ou leur commerce, personne n’a le temps de penser au vermicelle, sauf quelques familles de notre époque qui continuent la tradition.

 

Mais pour notre génération qui avons connu les fêtes de l’Aid d’alors, il y a beaucoup de nostalgie. Nous pensons aux parents, à la grande tablée où enfants et parents se retrouvaient pour le petit-déjeuner autour d’un bol de vermicelle préparé par notre mère. Maintenant, ce n’est plus pareil, le téléphone et les SMS suffisent.

 

Le mois de ramadan est le mois du Bon Dieu, nos prêtres ne cessent de nous dire de prier nuit et jour sans relâche pour honorer Dieu qui est notre hôte durant ce mois. Malgré la canicule qui sévit en ce moment, nous avons gardé le jeûne et prié. Nous méritons la rémission de nos péchés !

Alors bonne fête ! Aid Mubarak à toutes et à tous et que vos vœux soient exaucés. En attendant, voici une variante de vermicelle, plus facile à digérer par temps chaud.

Qui suis-je ?

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