Duhdi

samedi, 21 juillet 2018 00:00 Écrit par

Duhdi

Connaissez-vous le duhdi ? 

 

Chez nous, on en fait un dessert, ou plutôt une boisson délicieuse et très rafraîchissante par ces temps de chaleur.

 

Le duhdi est un légume qui ressemble à un concombre et dont la texture fait penser à une courge. Il me semble qu’on l’appelle, parfois calebasse ou gourde mais je ne suis pas sûre. 

Ici, on le trouve souvent dans les épiceries indiennes et asiatiques. Le duhdi est réputé avoir des vertus ayurvédiques contre les infections urinaires, la constipation, la fatigue… Il aiderait même à perdre du poids mais cela n’a pas été vérifié.

 

A Madagascar, le duhdi figurait souvent parmi les cadeaux de fin d’année que mon père recevait de la part de ses clients.

Là-bas, la chaleur atteint son point culminant à cette période.

Nous étions encore des enfants lorsque ma mère a eu un jour l’idée de transformer ce légume très désaltérant en boisson.

Nous avions un petit moulin manuel et les morceaux de duhdi se transformaient en vermicelle. On ne trouve plus ce genre de moulins sur le marché mais on peut se servir d’une râpe.

La recette a ensuite été adoptée par de nombreuses amies de ma mère qui la déclinaient soit en boisson, soit en dessert. 

Raab

samedi, 03 février 2018 00:00 Écrit par

Raab

Les Indiens connaissent cette boisson sous le nom de raab mais elle est peu connue autrement. On pourrait l’appeler « boisson d’hiver » car elle a non seulement des vertus réchauffantes et reconstituantes mais elle est aussi souveraine pour soulager une toux persistante. 

 

Chez nous, le raab est une boisson souvent liée à la maternité.

 

Très nourrissante, elle est réputée favoriser la montée du lait pour les femmes qui viennent d’accoucher. De mère en fille, jusqu’à notre génération, nous en prenions avant chaque allaitement. 

 

Personnellement, j’adorais cela et j’attendais avec impatience que ma mère vienne m’apporter un thermos de raab.

En ce temps-là, on ne faisait pas trop attention aux calories. L’essentiel était d’avoir du bon lait et de pouvoir allaiter le plus longtemps possible.

 

Les jeunes d’aujourd’hui font très attention à tout cela. Et puis, ce ne sont plus les accouchements d’autrefois où il fallait rester au lit 40 jours, avec une nourriture essentiellement à base de beurre et d’ingrédients aussi caloriques les uns que les autres !  Mais si vous n’en profitez pas à ce moment-là quand le ferez-vous ?

 

Après mes accouchements, ma mère me préparait un copieux petit-déjeuner à base d’omelette, de pain frit au beurre, etc. Vers 10h, elle m’apportait un bon bol de raab ou de bouillon de poulet. Parfois, c’était du lait chaud avec des amandes et de la gomme arabique (goon).

 

A midi, un déjeuner forcément accompagné de rotlis, rotlas ou riz préparé avec du beurre. Au goûter, une petite portion de raab à nouveau et pour le dîner du kichri ou du pain beurré et grillé. Le reste de la journée, j’avais toujours à portée de main du south, que je pouvais déguster à loisir. 


Cette époque est révolue mais le raab garde ses vertus, surtout en ces temps où le froid et la grippe sévissent à tout bout de champ.

 

 

Sharbat

dimanche, 05 février 2017 00:00 Écrit par

Sharbat

Le Sharbat est une boisson traditionnelle que l’on sert lors des grandes occasions religieuses ou familiales. Elle est synonyme de réjouissances. 

En principe, ce n’est que de l’eau sucrée et colorée mais, comme le riz qui paraît si simple, préparer un bon sharbat, qui ne soit ni trop fade, ni trop sucré, ni trop épais relève d’un exercice d’équilibriste. Il faut avoir la main, comme on dit.

Dans ma famille, c’est ma mère qui avait cet art. Elle avait donc la charge de le préparer pour toutes les occasions familiales. Ici, à Paris, elle m’a délégué son pouvoir et, j‘espère, son savoir. 

Le sharbat se sert avec des amandes effilées normalement mais, dans ma famille, on a une technique spéciale que je vous dévoilerai en fin de recette.

Sirkhoumo

dimanche, 03 juillet 2016 00:00 Écrit par

Sirkhoumo

(lait aux dattes et aux vermicelles)

Le sirkhoumo est lié à l’une de nos traditions du Ramadan.  Le jour de l’Aïd, après la prière du matin, il symbolise la fin du jeûne. La coutume veut que , pour l'Aïd, nous mangions de la vermicelle (sev) sous toutes ses formes (préparée avec du lait ou du beurre. Mais hélas, tout cela a disparu, sauf la coutume du sirkhoumo qui perdure de génération en génération. 

 

A la mosquée, il se prépare dès la veille au soir, dans de grandes marmites, pour au moins 500 personnes. Il faut plusieurs heures de cuisson à feu doux. 

 

Rien que le fait de prononcer le nom de cette boisson festive, les yeux brillent, les papilles se dilatent. C’est dire à quel point ce moment est attendu avec impatience ! 

 

Après tout, c’est la récompense de tout un mois de privations. Il y a bien sûr aussi un peu de nostalgie car le Ramadan était un mois de convivialité et de partage. Toute la communauté se réunissait, on retrouvait les amis que l'on voyait rarement autrement. On dit que Dieu est notre hôte pendant ce mois. 

Celui qu’on prépare à la maison est meilleur que celui de la Mosquée… qui est souvent raté ! mais qu’importe, nous préférons tout de même ce dernier parce qu’on le déguste dans notre lieu saint et avec nos amis et proches. 

L'Aid se célébrait alors avec faste. On se rendait les uns chez les autres pour se saluer, manger ensemble. On s'échangeait des vœux. Les enfants recevaient tous une petite enveloppe et on marquait notre respect à nos aînés en allant leur faire salaam (une forme de baise-main).

 

La tradition veut que l’on offre ce breuvage à tous ceux qui viennent présenter leurs vœux pour les remercier. Je vous souhaite donc une joyeuse fête de l'Aïd.

 

Falooda

lundi, 17 août 2015 00:00 Écrit par

Falooda

(lait à la gelée d’agar agar et tukmaria)

Dans ma jeunesse, on préparait cette boisson pour les cérémonies religieuses. On remplissait de grandes cuvettes de glaçons et on déposait des seaux remplis de lait dessus. Une fois la cérémonie terminée, on servait le lait aux fidèles, qui s’en délectaient. J’avoue que j’attendais toujours ce moment avec impatience… et pas seulement parce que cela marquait la fin de la cérémonie ! Maintenant, les cérémonies religieuses sont plutôt suivies d’un repas complet. La tradition du falooda a disparu de la circulation pour ne plus faire que de rares apparitions lors de goûters d’anniversaires ou pour des repas en famille ou entre amis. Personnellement, j’adore en préparer lors des grosses chaleurs. C’est rafraîchissant et mes petits-neveux en raffolent.

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