Kheema ni kitchri

samedi, 17 mars 2018 00:00 Écrit par

Kheema ni kitchri

(Riz aux légumes et à la viande hachée)

Le Kitchri est aux Gujarates ce que la baguette est aux Français, un plat quotidien.

Il y a plusieurs façons de le préparer. Je vous avais présenté la version à l’ail vert  il y a quelques temps. 

Aujourd’hui, je vais vous donner la recette du Kheema ni kitchri, un plat plus élaboré, qu’on prépare pour des repas familiaux ou des invitations. Il est toujours très apprécié lors des repas de la communauté.

Je me souviens qu’à une époque, chez nos parents, tous les dimanches, notre cuisinier nous préparait du kitchri sur un feu de charbon ou de bois, suant à grosses gouttes en période de chaleur. 

Ma mère et lui préparaient cette marmite avec le plus grand soin et la main large sur le beurre et les denrées nécessaires.

Mais cette marmite ne nous était pas destinée. Elle était pour un proche et sa femme qui partaient en pique-nique sur la plage. Il fallait que tout soit prêt pour 11h tapantes.

La femme, qui était une riche héritière, était reçue avec tous les égards. Elle faisait mettre la marmite encore chaude dans la voiture et partait aussitôt, sans un merci ni un pourboire pour le cuisinier.

Avec les années, les souvenirs de notre enfance et le temps du « transit » chez les parents ne s’estompent pas. On se rappelle toujours de chaque détail et le kitchri a fait remonter à la surface cette période de ma vie.

Bref, voici la recette du kheema ni kitchri. La préparation peut paraître longue mais c’est un plat facile à réaliser.

Curry de pois du Cap

dimanche, 25 février 2018 00:00 Écrit par

Curry de pois du Cap 

(Kabarou nou saag)

On l’appelle pois du Cap ou gros pois. Nous, nous le connaissons surtout sous le nom de « kabarou ».

Les Orientaux et même les occidentaux connaissent ce légume sec qu’on appelle aussi fève blanche. Autrefois, les gens de la génération de ma mère l’appelaient « gourpois » au lieu de gros pois. 

Le curry est l’une de ses principales utilisations. Il y a une variété ressemblante, appelée « Kabarou vert » (je pense qu’il doit s’agir de la fève en fait)  qui est un plat sans sauce, mais il faut savoir le préparer.

A Madagascar, dans certains foyers, le kabarou est quotidien, au même titre que les lentilles à la Réunion. Une famille que je connaissais avait pour tradition de le servir tous les vendredis avec une viande grillée et du riz.

Ce curry peut être bu à la cuillère. Certains se servent directement dans le plat de service, d’autres le prennent à part dans une petite coupelle. Invitée chez des amis, voyant leurs visages extasiés devant le bol du kabarou et ensuite leur satisfaction à en boire cuillère après cuillère, j’ai voulu faire comme eux. J’avoue que c’était très bon mais, ensuite, les remontées acides durant toute la soirée m’en ont dissuadée à tout jamais.


Dans ma famille, le kabarou était très apprécié mais on n’en faisait pas aussi souvent que dans les autres familles indiennes.

Je pense que vous devez avoir hâte de connaître la recette de ce succulent plat traditionnel, alors trève de discours, voici les ingrédients.

Poulet farci à l’indienne

vendredi, 22 décembre 2017 00:00 Écrit par

Poulet farci à l’indienne

Que serait Noël sans une bonne volaille? Chez certains, ce sera le chapon ou la dinde. Quelle sera la sauce qui les accompagnera ? Il existe tant de recettes…

Voici une recette de poulet farci qui pourrait avoir sa place à vos tables de fêtes.

Ce poulet farci à la viande était une des spécialités de Michel, le cuisinier de mes parents. A tel point que mes enfants ne le connaissent que comme le «poulet Michel». 

A l’époque, je le dis souvent, il n’existait pas de four ni de grandes plaques de four. Il faisait donc cuire le poulet dans une grande marmite posée sur un réchaud au charbon de bois. Nous avions une grande marmite qui pouvait contenir 3 poulets à la fois. 

 

 

 

 

En période de fin d’année, nous recevions beaucoup de cadeaux en tous genres de la part des clients de mon père. A Madagascar, le commerce de textile de mon père était l’un des seuls à faire crédit. 

Les clients pouvaient donc emmener leur marchandises en faisant noter leur dû sur un petit carnet. Mon père avait des dizaines de petits carnets de ce genre sur son bureau.  En remerciement, nous recevions beaucoup de cadeaux en nature de leur part, poulets, ananas, bananes plantain, letchis… parfois même des œufs. En échange, mon père leur donnait un grand verre avec un mouchoir dedans, des coupons de tissu et une enveloppe pour les enfants.

Certaines années, il nous est arrivé de recevoir une centaine de poulets. Cela faisait la joie des voisins qui, chaque matin, venaient en quemander. Nous avions installé un grand poulailler dans la cour.


Pour la famille aussi, c’était la grande distribution des poulets rôtis farcies à la viande hachée que notre cuisinier faisait cuire trois par trois, en suant à grosses gouttes par ces temps de chaleur. Ma tante en recevait trois, un pour elle, un pour la famille de sa fille et un dernier pour son mari dont elle était séparée et qui vivait avec sa nouvelle épouse. La seconde fournée était pour nous. Nous en gardions deux pour nous (nous étions dix à la maison) et le troisième partait chez mon autre tante, Zakya. Mes parents avaient un cœur très large, généreux à l’excès, et une main toujours ouverte qui laissait filer les sous !

Lorsque Michel a pris sa retraite, ma mère a essayé de préparer son poulet, mais elle n’a jamais réussi à reproduire totalement la recette. Une fois mariée, j’ai aussi essayé, mais ce n’était pas pareil. C’est pourtant délicieux, nous nous régalons à chaque fois, mais ce n’est pas totalement le poulet « Michel ». 

Poivrons farcis à l’indienne

samedi, 09 septembre 2017 00:00 Écrit par

Poivrons farcis à l’indienne

Farcir les poivrons, c’est simple, facile. Il y a différentes sortes de farces, on a le choix. Je prépare les poivrons à la manière de notre cuisinier à Madagascar, Michel, mais ce n’est jamais la même chose. La faute, peut-être aux denrées qui ne sont pas les mêmes qu’à Madagascar. Avec les produits chimiques, les fruits et légumes paraissent plus beaux mais la saveur n’est pas du tout comme celle de mon pays ou tout pousse naturellement. Le goût n’est pas affadi au profit de l’apparence.

Et puis, j’avoue, il y avait aussi la main de notre cuisinier. Il n’avait pas de four à sa disposition. A l’époque, ça n’existait pas ou peu. Tout se faisait au charbon, dans une poêle en fonte ou dans une marmite. Mais la cuisine était bien meilleure. Une fois mariée, j’ai pris l’habitude de les préparer dans une cocotte. C’est plus facile et le résultat est, pour une fois, même meilleur que celui de notre cuisinier !

Mogho

dimanche, 21 mai 2017 00:00 Écrit par

Mogho 

(ragoût de manioc)

Ce n’est pas un plat qui nous vient d’Inde mais plutôt d’Afrique de l’Est.

Les Indiens du sous-continent ne le connaissent pas forcément, contrairement à ceux du Kenya, de Tanzanie ou d’Ouganda.

Chez nous, c’était un plat hebdomadaire ou presque. Nous nous procurions du manioc le samedi au marché et on le cuisait ensuite en rentrant comme plat principal.

Bien sûr, comme c’était la coûtume à l’époque, les échanges se faisaient entre voisins, parents et amis.  Chez nous, le cuisinier préparait deux grandes marmites.

L’une, entière, allait chez ma tante qui la partageait entre les familles de tous ses enfants.

L’autre était pour nous, dans laquelle ma mère contentait tout le voisinage et ceux qui ne pouvaient pas cuisiner chez eux pour diverses raisons.

Au final, il en restait très peu pour nous !

Dans mon enfance, celui que préparait notre cuisinier était incomparable. Maman y veillait aussi !

Celui que l’on recevait en échange faisait pâle figure. Quand le cuisinier a pris sa retraite, ma mère a pris la relève et, comme on dit, l’élève a dépassé le maître.

Elle sortait de la cuisine épuisée et pleine de sueur après avoir cuisiné sur un feu de bois dans une toute petite pièce mais fière  de son œuvre et dans l’attente des compliments qu’elle recevait.

A l’époque, en France on ne trouvait pas de manioc. Ceux qui s’y rendaient en emmenaient dans leur valise.

Ce n’est qu’à partir de la fin des années 70 que le manioc a fait son entrée en France grâce aux Vietnamiens qui arrivaient en masse. 

Kichro

vendredi, 13 janvier 2017 00:00 Écrit par

Kichro 

(ragoût de dhal et viande)

Connaissez-vous le Kichro ? 

Je ne pense pas que vous ayez déjà goûté ce mets délicieux, typique de la cuisine « bohra », une des meilleures de l’Inde. Nous le servons toujours pour le 10e jour de l’Achoura. Après une journée de jeûne et de lamentations (nous pleurons beaucoup chez les Bohras !), c’est un peu notre plat de réconfort. Chacun a hâte de le déguster. 

A Madagascar, il cuisait depuis la veille au soir dans de grands chaudrons. C’était de la vraie slow food. Les cuistots se relayaient pour le touiller. Car c’est le touillage qui fait la beauté de ce plat mijoté. Le jour même, les membres de la communauté venaient aussi participer au touillage car cela porte bonheur. Certains y glissaient même une pièce d’or ou une bague. Celui qui la trouvait au moment du repas, la gardait. Le kichro de ma jeunesse était préparé par des membres de ma famille. Mon père était chargé d’organiser le repas et restait avec les cuisiniers toute la nuit. Depuis, je n’ai retrouvé cette saveur nulle part. Peut-être les souvenirs qui y sont liés exhaustent-ils son goût.

Le kichro que l’on mange aujourd’hui n’est plus celui d’autrefois. Ce n’est qu’une bouillie de mélasse. On a tendance à réduire les étapes. A peine cuit, on le passe à la moulinette pour gagner du temps. Les sucs n’ont pas le temps de se mélanger. Autrefois,les graines se fondaient toutes seules à la viande pour former le ragoût. 

Si vous avez du temps, je vous conseille de le faire à l’ancienne. Ce n’est pas difficile même si la liste des ingrédients est longue. Bonne dégustation. 

Page 2 sur 4

Qui suis-je ?

Open